Cabinet de Traumatologie et Médecine du Sport à Pau (64) – Dr Marc BOUVARD

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Serge Blanco à propos de la sortie du film « Invictus »

Publié le 19 janvier 2010
Serge Blanco

Serge Blanco

(…)
Serge Blanco a encore des frissons en repensant à ses premiers pas en Afrique du Sud. C’était en 1980. « C’est en arrivant là-bas que j’ai véritablement pris conscience de ce qu’était l’Apartheid. Je ne sais d’ailleurs toujours pas si, à l’époque, on m’avait emmené pour mes qualités de joueur de rugby ou pour ma couleur de peau. Toujours est-il que j’ai découvert des choses que je ne pouvais pas imaginer », rappelle-t-il.

Séparations

Plusieurs exemples sont ancrés dans sa mémoire. « En arrivant à Durban, les plages étaient séparées entre les blancs et les noirs. Même chose pour les tribunes des stades de rugby ou pour les toilettes publiques. Quand tu vois les noirs entassés dans des bus pour rentrer dans les townships, tu te poses des questions. Quand j’entrais dans un établissement, tout le monde s’arrêtait pour me dévisager; dans d’autres, je ne pouvais même pas rentrer. Il fallait que je parle français ou que je démontre que je faisais partie de la délégation française pour être accepté. Là, je me suis dit que je ne pouvais pas laisser faire ça. Quelques mois plus tard, j’ai décrété que je n’irai plus en Afrique du Sud. »

Serge Blanco a retrouvé les Boks dix ans plus tard avec les Barbarians. « On avait gagné, les relations étaient tendues, il y avait eu un incident diplomatique. Ils m’ont invité. J’ai accepté d’aller en Afrique du Sud à condition de pouvoir aller avec d’autres anciens dans les townships. Cela s’est très bien passé, et j’y suis retourné en 1995 pour la Coupe du monde en tant que consultant. »

Le glas de l’Apartheid venait de sonner. L’issue du Mondial ? « C’est accessoire, commente le président du BO. J’étais bien sûr malheureux pour la France qui a perdu en demi-finale. Mais quand, en finale, tu vois arriver Nelson Mandela avec le maillot et la casquette du capitaine de l’Afrique du Sud, tu prends conscience que c’est un moment historique. Dans le film (Invictus), ce qui est important, ce sont les rapports et les dialogues. Je trouve que c’est une bonne idée de montrer une facette qui a permis de changer la vie en Afrique du Sud. Le rugby était le sport des blancs, il faut voir toute la symbolique que Nelson Mandela a réussi à renverser avec ce Mondial, et que l’on découvre dans ce film. »

Source : P. SABATHIE / Sud-Ouest