Cabinet de Traumatologie et Médecine du Sport à Pau (64) – Dr Marc BOUVARD

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L’Arthropathie Acromio-Claviculaire

Publié le 25 mars 2010

Par le Docteur Marc BOUVARD

acromioL’articulation acromio-claviculaire (AC) possède des mobilités dans les trois plans de l’espace et subit des contraintes en compression, en distraction et en rotation dans de nombreuses phases du rugby moderne. Ce sport a évolué très sensiblement de la recherche d’intervalle vers celle de la collision. Les chocs directs ou transmis dans le plan frontal (de haut en bas) entraînent des lésions ligamentaires traitées ici par ailleurs. Lorsque le choc a lieu dans un plan horizontal (de dehors en dedans), il est pourvoyeur de lésions intra-articulaires. Il existe donc de multiples sollicitations micro-traumatiques de l’AC dans la pratique de ce sport (plaqueur, plaqué, regroupements, travail au sol) mais aussi lors sa préparation car les programmes de musculation sont devenus très présents tout au long de la saison. L’arthopathie AC peut accompagner une atteinte dégénérative précoce régionale atteignant le rugbyman pendant sa carrière et impose de rechercher notamment une rupture de coiffe ou une omarthose centrée.

Il faut distinguer l’arthropathie de deux autres lésions :

  1. la lyse distale de la clavicule. Elle fait suite soit à un traumatisme violent, soit à la répétition de traumatismes horizontaux. Elle survient dans les 8 à 12 semaines et se présente sous la forme d’une douleur installée, accompagnée de signes locaux. La radiographie simple suffit au diagnostic.
  2. le kyste développé au dépend de la synoviale ou du ménisque. Son diagnostic, évoqué par la clinique devant une voussure supérieure centrée sur l’interligne, sera affirmé par l’échographie ou l’IRM.

Il n’existe pas de parallélisme entre les symptômes engendrés par l’arthropathie AC et la sémiologie en radiologie conventionnelle. En effet, de nombreuses arthropathies AC patentes sur la radiographie sont asymptomatiques. Inversement certaines douleurs micro-traumatiques de l’AC handicapantes lors des contacts, des passes très latérales au rugby sont muettes en radiologie. L’IRM visualise parfaitement l’arthropathie sous la forme d’un hypersignal des deux berges osseuses accompagné d’un épanchement articulaire.

La stratégie thérapeutique doit donc se concentrer sur la disparition de douleurs. La cryothérapie et les gels anti-inflammatoires per-cutanées sont utilisés en premier. Parallèlement une protection en « V » thermomoulée est confectionnée, testée, placée sous l’épaulière.

Si les douleurs persistent et sont handicapantes l’infiltration intra-artiulaire cortisonée est avantageusement remplacée à l’heure actuelle par trois injections d’acide hyaluronique espacées de 2 à 3 semaines. Il convient de choisir une forme « mini » d’un millilitre. Ce traitement nécessite un procédé très rigoureux et la mise au repos de l’articulation de 2 à 3 jours. Le bénéfice sera évalué 8 semaines après et le traitement pourra être renouvelé à la demande dans les saisons suivantes. Dans un avenir très proche, on peut attendre encore davantage de bénéfices des injections de plasma riche en facteurs de croissance.

Ces thérapeutiques nouvelles et prometteuses diminueront très certainement les indications de résection distale de la clavicule.

Voir la présentation faite lors du 2ème Congrès Médical du Rugby – Toulouse – septembre 2009